apvs
L.E. et son paradoxe : il aime qu'on lui serve des détails sur Jésus... SAUF quand Dieu Lui-même veut les lui donner !



Le film Jésus de Nazareth (1977), de Franco Zeffirelli,
contient énormément de détails qui ne figurent pas explicitement dans les quatre Évangiles.

Il faut distinguer :
- ce qui est directement évangélique
de
- ce qui relève de la mise en scène, de la reconstitution historique ou de l'imagination scénaristique.

Par exemple :
- Les vêtements et l'apparence des personnages : les Évangiles donnent très peu de descriptions vestimentaires précises. Zeffirelli doit donc choisir les tissus, couleurs, coiffures, chaussures, voiles, etc.

- Les décors et la topographie : les Évangiles mentionnent des lieux (Nazareth, Bethléem, Jérusalem, Capharnaüm, le lac de Galilée, etc.), mais ne décrivent évidemment pas chaque rue, maison, marché, synagogue ou paysage que l'on voit dans le film.

- Les dialogues : une grande quantité de conversations nécessaires à la continuité dramatique sont développées ou reconstituées. Même lorsque le film reprend une parole évangélique, il peut la placer dans un échange beaucoup plus développé que le texte biblique. ( Joseph parle ! Alors que les Evangiles ne nous rapportent pas une seule de ses paroles ).

- Les gestes et réactions : regards, déplacements, attitudes, silences, embrassades, expressions de visage, réactions de la foule, etc., sont nécessairement ajoutés.

- Les personnages secondaires : leurs comportements, conversations et relations sont souvent développés pour donner une cohérence narrative à l'ensemble.

- Les transitions entre les épisodes : les Évangiles racontent des épisodes souvent de manière très condensée. Zeffirelli doit imaginer ce qui se passe entre deux scènes bibliques.

- La vie quotidienne : métiers, repas, déplacements, organisation des villages, activités des habitants, etc., sont largement reconstitués.

- La chronologie et les circonstances précises de certaines scènes peuvent également être dramatisées.

Le film peut donner au spectateur l'impression que certains détails sont historiquement attestés simplement parce qu'ils sont montrés avec beaucoup de réalisme. Or le réalisme cinématographique ne signifie évidemment pas que le détail provient d'une source antique.

Cela vaut d'ailleurs pour pratiquement toute adaptation cinématographique de la Bible.

Les quatre Évangiles ne constituent pas un scénario de film : ils rapportent une sélection d'événements et de paroles, parfois très brièvement. Pour transformer ces récits en plusieurs heures de cinéma, Zeffirelli doit nécessairement combler énormément de « blancs ».

---> Et donc, le simple fait d'apprécier Jésus de Nazareth de Zeffirelli montre bien qu'on peut trouver légitime et fécond de recevoir une représentation de Jésus qui dépasse matériellement le texte des quatre Évangiles.

Les spectateurs acceptent volontiers qu'une œuvre puisse mettre en scène, autour du récit évangélique, des détails que les Évangiles ne rapportent pas, afin de rendre Jésus plus concret, plus proche et plus intelligible.

Mais alors, que devient désormais l'argument du genre : « Tout ce qui n'est pas explicitement dans les quatre Évangiles est suspect ou inutile pour connaître Jésus» ?

---> Car personne ne reproche généralement à Zeffirelli d'avoir imaginé la manière dont Jésus regarde quelqu'un, la disposition d'une maison, les vêtements d'un personnage, une conversation de transition ou la réaction d'un témoin, dès lors qu'on comprend qu'il s'agit d'une représentation artistique.

En revanche, dans le cas de Maria Valtorta, on va juger ses écrits indigne d'intérêt voire même suspects, précisément pour les mêmes motifs qui font que l'on apprécie vivement le film de Zeffirelli !?

Mais cela va plus loin encore : alors qu'on accepte avec gourmandise ce qu'un metteur en scène n'a fait qu'imaginer, on refuse les détails que Dieu Lui-même aurait donné, et qui nous parlent donc de la Vie de Jésus avec infiniment plus de réalisme, telle qu'elle s'est vraiment déroulée !

---> Où est la cohérence ? 🤔

On peut discuter sérieusement de la nature de ses écrits, de leur prétention à l'origine surnaturelle, de leur valeur spirituelle et de leur rapport aux sources évangéliques. Ce sont des questions différentes qui sont traitées ailleurs.

Authenticité de l'œuvre — Wiki Maria Valtorta Catégorie:Authenticité de l'œuvre - Wiki Maria …

Donc oui : le succès et l'usage chrétien de Jésus de Nazareth montrent au minimum que beaucoup de chrétiens ne considèrent pas qu'il soit nécessaire, pour méditer sur Jésus, de s'en tenir matériellement aux seules phrases rapportées par le Nouveau Testament. Ils acceptent qu'une représentation puisse remplir les blancs du récit.

C'est bien le cas de L.E. ! Sinon il n'utiliserait pas des images du film de Zefirelli pour illustrer ses articles douteux sur le plan théologique.

---> Cela permet de lui poser une question assez simple :

S'il accepte volontiers qu'un film chrétien puisse représenter Jésus à travers des centaines de détails absents des quatre Évangiles, pourquoi l'existence même de détails absents des quatre Évangiles constituerait-elle, à elle seule, un argument contre une œuvre comme celle de Maria Valtorta ? 🤔

---> Ce n'est évidemment pas une preuve de l'origine surnaturelle de Valtorta. Mais cela montre que l'argument « ce détail n'est pas dans les quatre Évangiles » ne suffit pas, en soi, à établir que ce détail est faux, inutile ou illégitime.

---> Si déjà l'on tolère volontiers qu'un metteur en scène imagine une multitude de détails sur la vie du Christ, parce que l'on trouve légitime notre désir de voir Jésus dans des situations concrètes et vivantes, et non exclusivement dans les strictes limites du récit rapporté par les quatre Évangiles, au nom de quoi faudrait-il refuser au Bon Dieu de nous donner, s'Il le souhaite, non pas des détails imaginaires, mais des détails réels sur la Vie de son Fils, qu'Il connaît mieux que personne ?

Pourquoi accorder à l'imagination d'un homme ce que l'on refuserait a priori à Dieu Lui-même ?

Si Dieu veut réellement, par une révélation privée, faire connaître certains détails de la vie terrestre de Jésus qui ne figurent pas dans les Évangiles, en quoi leur absence des quatre récits évangéliques suffirait-elle à les rendre suspects ou illégitimes ?

---> Sinon, il y a quelque chose de singulier dans le raisonnement : on accepte que l'homme reconstitue, imagine et mette en scène la vie de Jésus pour mieux nous la faire contempler, mais on refuse par principe que Dieu puisse, s'Il le veut, nous en révéler certains éléments réels qui n'ont pas été retenus dans les Évangiles.

---> Pourquoi permettre à l'homme ce que l'on refuse à Dieu Lui-même ?

Mais le paradoxe de L.E. ne s'arrête pas là !

Car on a vu dans ses articles que selon lui, l'Evangile pulvérise littéralement les oeuvres de l'homme. Elles n'ont selon lui aucune valeur devant Dieu. Il arrive à cette conclusion en isolant des paroles de saint Paul au détriment de Jacques 2.
cf : L.E. et son "intolérable Evangile" !

- Or d'une part,
il valorise sans mesure l'effort des historiens pour "redécouvrir le Jésus réel", ce qui est un profond démenti de sa vision de la thèse paulinienne sur les oeuvres n'ayant aucune valeur ;

- Et d'autre part : recevoir sans aucun effort personnel des révélations privées - alors même que cela va dans le sens de sa thèse - n'a cependant pour lui semble-t-il aucune cohérence : il méprise cette source de connaissance, vouant une sorte de culte à l'effort des historiens contre sa propre thèse pseudo paulinienne, jusqu'à leur faire dire ce qu'ils sont incapables de dire.

---> C'est tout le contraire de sa vision sur ce que serait censé dire la Bible !

Conclusion :

- Il approuve ce qui détruit sa thèse sur la vanité de l'effort humain ;

- et il rejette ce qui valide sa propre thèse de la primauté du don de la grâce divine, sans effort de l'homme !

Ce second paradoxe est probablement encore plus intéressant, parce qu'il touche directement à la conception de la connaissance et de l'effort humain que L.E. semble mettre en œuvre.

1. L.E. semble déprécier les « œuvres de l'homme »… tout en exaltant l'œuvre des historiens

Si, dans ses articles, L.E. présente l'Évangile comme tellement supérieur aux productions humaines que celles-ci seraient, en quelque sorte, pulvérisées devant lui, il est assez surprenant de le voir accorder une confiance considérable au travail humain de reconstruction historique.

Il ne se contente d'ailleurs pas toujours de dire :
« Les historiens peuvent rechercher ce que les sources permettent raisonnablement d'établir. »
Il semble parfois leur attribuer une capacité beaucoup plus grande : retrouver le Jésus historique jusque dans des détails que les sources ne permettent précisément pas d'établir avec certitude.

Et là apparaît une asymétrie assez frappante :

- un historien travaille, compare, déduit, reconstitue → L.E. accorde une grande valeur à cette démarche ;

- une personne affirme avoir reçu gratuitement une connaissance par révélation privée → cette connaissance est immédiatement suspectée ou disqualifiée parce qu'elle n'est pas le résultat d'une recherche humaine.

Autrement dit, il paraît faire davantage confiance à ce que l'homme peut péniblement reconstruire qu'à ce que Dieu pourrait éventuellement choisir de donner gratuitement.

2. Et cela devient particulièrement ironique avec sa conception des « œuvres »

Il faut cependant être précis : saint Paul n'enseigne pas que toute œuvre humaine est sans valeur, et saint Jacques 2 ne contredit pas saint Paul. Saint Paul combat principalement la justification par les « œuvres de la Loi » comme moyen de se placer devant Dieu ; Jacques insiste sur le fait qu'une foi véritable est nécessairement vivante et porte du fruit.
« La foi, si elle n'a pas les œuvres, est morte en elle-même. »
(Jacques 2,17)


Et Paul lui-même écrit :
« Ce qui importe, c'est la foi opérant par la charité. »
(Galates 5,6)


Donc si L.E. transforme certains textes pauliniens en une sorte de principe général selon lequel l'œuvre humaine serait pratiquement dépourvue de valeur, il risque de construire une opposition artificielle entre Paul et Jacques.

3. Et son raisonnement produit alors une inversion assez savoureuse

On pourrait presque résumer sa position caricaturale ainsi :

Quand l'homme cherche :
« Admirable ! Des historiens consacrent des années à rechercher le Jésus réel. Leur travail nous permet de retrouver Jésus derrière les textes ! »

Quand Dieu donne éventuellement :
« Non ! Cela n'a aucune valeur : ce n'est pas le fruit d'une recherche historique ! »

Pourquoi cette différence ??

---> Si Dieu est réellement l'auteur d'une révélation privée, le fait que le bénéficiaire n'ait fourni aucun effort de recherche n'est évidemment pas un défaut de la révélation.

Une révélation, par définition, est précisément une connaissance reçue, et non fabriquée par celui qui la reçoit.


C'est donc assez savoureux : il accepte volontiers les fruits de l'imagination et de la reconstitution humaines lorsqu'ils servent sa représentation de Jésus, tout en refusant par principe la possibilité qu'une connaissance supplémentaire puisse provenir d'une initiative divine.

Le paradoxe général de L.E.

On pourrait donc représenter son système ainsi :

Du côté de Zeffirelli :

- Évangile
- imagination artistique
- reconstitution historique
- détails non scripturaires

= « représentation utile de Jésus »

Du côté de Valtorta :

- Évangile
- révélation privée
- détails non scripturaires

= « invention suspecte »

L.E. accepte volontiers que l'homme ajoute des détails au récit évangélique pour mieux représenter Jésus ; mais il refuse que Dieu puisse éventuellement en ajouter pour mieux le faire connaître.

Et simultanément :
il déprécie théoriquement les œuvres humaines devant l'Évangile, mais exalte pratiquement l'effort humain de reconstruction historique jusqu'à lui faire franchir les limites de ce que l'histoire peut réellement connaître.

---> Il refuse à Dieu le droit de révéler ce qu'il accorde à l'homme le droit d'imaginer et de rechercher.

Chez L.E., l'imagination humaine peut combler les silences de l'Évangile ; la révélation divine, elle, n'en aurait pas le droit.


🤡 🤡 🤡

5446
apvs cite cette publication
apvs
apvs

TRÈS GRAVEMENT BIAISÉ ! ⚠️ ⚠️ ⚠️ La fin de nos illusions : un seul Dieu, un seul médiateur, pas de plan B. ⚠️ ⚠️ ⚠️
cet article est particulièrement intéressant parce qu'il permet de voir très nettement où se situe le problème théologique de L.E. : il affirme une vérité catholique — l'unique médiation du Christ — mais il lui fait dire quelque chose que le Magistère refuse précisément de lui faire dire.
Le point décisif est celui-ci :
L.E. ne réfute pas réellement la médiation coopérative de Marie ; il réfute une conception concurrente de la médiation, que la doctrine catholique elle-même ne soutient pas.
1. Ce qu'il dit de vrai
Il faut commencer par lui reconnaître plusieurs points parfaitement justes.
Il rappelle notamment :
« Il n'y a qu'un seul médiateur entre Dieu et les hommes, [...] le Christ Jésus » (1 Tm 2,5) ;
- le Christ est l'unique Rédempteur ;
son sacrifice est absolument unique ;
- le salut est une grâce qui vient du Christ ;
- aucune créature ne peut être mise sur le même plan que le Christ.
Tout cela est évidemment catholique.
Son article insiste lourdement sur cette idée : « Il n'y a pas d'autre chemin », « Il n'y a pas d'autre avocat », « Il n'y a pas d'autre médiateur », « Il n'y a pas d'autre sacrifice », etc.
Le problème n'est donc pas la première proposition. Le problème est ce qu'il en déduit.
2. Le sophisme central : « unique » = « aucune coopération »

C'est ici que son raisonnement s'effondre.
L.E. écrit :
« Il n'y a pas d'autre médiateur entre nous et notre Créateur »
puis cite 1 Timothée 2,5.

Mais il ne tient absolument pas compte du fait que saint Paul lui-même, dans le contexte immédiat de cette affirmation, demande précisément aux chrétiens de pratiquer des médiations/intercessions les uns pour les autres :
« Je recommande donc, avant tout, que l'on fasse des demandes, des prières, des supplications, des actions de grâce pour tous les hommes... »
puis seulement :
« Car il n'y a qu'un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus... »
C'est précisément ce que saint Jean-Paul II expliquait en 1997 : 1 Timothée 2,5 exclut une médiation parallèle ou concurrente du Christ, mais non une médiation subordonnée. Il soulignait même que saint Paul parle de prières et d'intercessions immédiatement avant d'affirmer l'unique médiation du Christ.
C'est donc exactement l'inverse de l'argumentation de L.E. :
Médiation unique du Christ ≠ absence de toute médiation participée.
3. Et c'est précisément ce que dit Vatican II !

C'est là que l'article devient beaucoup plus problématique.
L.E. présente son raisonnement comme une défense de la doctrine catholique contre une « mariologie excessive ». Il affirme même que certaines « pseudo-révélations » brouilleraient l'unicité de la médiation du Christ.
Mais Vatican II a anticipé exactement cette objection.
Dans Lumen gentium 60, le Concile dit d'abord :
« Il n'y a qu'un seul Médiateur », le Christ.
Jusque-là, L.E. est parfaitement dans le texte.
Mais le Concile poursuit immédiatement :
« Le rôle maternel de Marie à l'égard des hommes n'offusque et ne diminue en rien cette unique médiation du Christ : il en manifeste au contraire la vertu. »
Et surtout :
l'influence salvifique de Marie « découle de la surabondance des mérites du Christ », « s'appuie sur sa médiation », « dépend en tout » de celle-ci.
Puis arrive le passage absolument dévastateur pour la thèse de L.E. :
« L'unique médiation du Rédempteur n'exclut pas, mais elle suscite au contraire chez les créatures une coopération variée qui provient de l'unique source. »
Et le Concile ajoute explicitement que l'Église professe « le rôle subordonné de Marie ».
Autrement dit :
L.E. oppose :
Christ médiateur OU Marie coopératrice
Vatican II enseigne :
Christ unique Médiateur → et précisément pour cette raison Marie peut participer subordonnément à son œuvre.
C'est une différence fondamentale.
4. Le mot « plan B » est donc particulièrement trompeur
Le titre est :
« La fin de nos illusions : un seul Dieu, un seul médiateur, pas de plan B. »
C'est rhétoriquement très efficace.
Mais théologiquement, c'est un faux dilemme.
Qui, dans la doctrine catholique sérieuse, prétend que Marie serait un « plan B » au cas où le Christ ne suffirait pas ?
Personne.
La doctrine catholique dit exactement le contraire :
Marie ne possède aucune source autonome de grâce.
Sa participation vient entièrement du Christ.
C'est pourquoi Lumen gentium dit que la coopération de Marie « ne prend rien et n'ajoute rien » à la dignité et à l'efficacité du Christ, mais participe de cette unique source.
Jean-Paul II le répétait encore en 2000 :
la médiation de Marie est « une médiation dans le Christ ».
Et il précise qu'il ne s'agit absolument pas d'une médiation parallèle ou concurrente.
Donc le « plan B » est une construction polémique : L.E. introduit implicitement dans la position adverse une conception que le catholicisme n'enseigne pas, puis la détruit.
5. Et il oublie surtout Lumen gentium 61
C'est peut-être le plus étonnant.
Le Concile ne se contente pas de dire que Marie intercède.
Il dit :
Marie « coopéra en forme tout à fait singulière à l'œuvre du Sauveur ».
Et il précise comment :
« par son obéissance, sa foi, son espérance et son ardente charité », afin de « rendre aux âmes la vie surnaturelle ».
C'est extraordinairement important.
Parce que la question n'est pas :
« Le Christ a-t-il besoin d'un autre rédempteur ? »
Réponse : non.
La vraie question est :
« Dieu a-t-il voulu qu'une créature coopère réellement à l'œuvre de son Fils ? »
Réponse du Concile :
oui, et Marie d'une manière absolument singulière.
Et c'est précisément là que la notion de coopération à la Rédemption prend tout son sens.
6. Il commet donc une confusion entre « cause » et « coopération »
C'est probablement la faille conceptuelle la plus importante de l'article.
Le Christ est :
- la cause première du salut ;
- le Rédempteur unique ;
- l'auteur de la grâce ;
- celui dont les mérites sont absolument suffisants ;
- l'unique Médiateur au sens propre et fondamental.
Mais cela n'empêche nullement Dieu de faire participer des créatures à son œuvre.
Sinon il faudrait également éliminer :
- les prêtres ;
- les apôtres ;
- les évangélisateurs ;
- les intercesseurs ;
- les parents qui transmettent la foi ;
- ceux qui souffrent pour l'Église ;
- ceux qui prient pour la conversion d'autrui.
Or saint Paul lui-même dit :
« Nous sommes les coopérateurs de Dieu » (1 Co 3,9).
Et il va jusqu'à dire :
« Je complète en ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son Corps, qui est l'Église » (Col 1,24).
Évidemment, saint Paul ne complète pas une insuffisance objective du sacrifice du Christ.
Il participe à l'application et à la fécondité de cette œuvre.
C'est précisément le modèle qui permet de comprendre la coopération mariale.
7. Et le Magistère récent vient de lui donner un rappel très embarrassant
Il y a un élément particulièrement intéressant, puisque nous sommes en 2026.
Dans sa catéchèse du 13 mai 2026, Léon XIV vient précisément de rappeler l'enseignement de Lumen gentium 60-62.
Il affirme simultanément :
- le seul Médiateur du salut est Jésus-Christ ;
- Marie a pourtant coopéré d'une manière tout à fait spéciale à l'œuvre du Sauveur ;
- elle est devenue « notre Mère dans l'ordre de la grâce ».
Cela correspond exactement à la distinction que L.E. tend à abolir.
Et ce n'est pas une interprétation personnelle : c'est la formulation même du Magistère.
8. Attention cependant à une nuance importante sur « Co-Rédemptrice »

Il faut être intellectuellement honnête ici.
Tout cela ne signifie pas que l'Église ait défini le titre de « Co-Rédemptrice » comme un dogme.
On peut très bien soutenir que le terme est théologiquement légitime dans un sens correctement expliqué, notamment pour exprimer la coopération absolument singulière de Marie, sans prétendre que l'Église ait défini comme dogme l'emploi de ce titre.
Marie n'est pas rédemptrice au même titre que Jésus.
Marie coopère de manière singulière, subordonnée et entièrement dépendante du Christ à l'œuvre rédemptrice accomplie par lui seul.
Cette formulation correspond directement à Lumen gentium 61-62.
9. Le paradoxe de L.E. est donc assez savoureux
Et c'est ici que se trouve la contradiction interne la plus intéressante de toute sa série.
L.E. affirme méthodologiquement :
« nous étudions ce que [la Bible] dit sans faire intervenir, autant que faire se peut, les interprétations ultérieures » ;
et veut retrouver la Bible dans sa « nudité ».
Mais lorsqu'il rencontre la tension entre :
A. « Il n'y a qu'un seul médiateur »
et
B. la réalité des médiations/intercessions et coopérations humaines,
il ne laisse justement pas la totalité du corpus biblique produire sa propre synthèse.
Il absolutise A.
Puis il construit son raisonnement à partir d'une série de :
« Il n'y a pas d'autre... »
Il passe ainsi de :
« Christ est l'unique source et médiateur du salut »
à :
« aucune créature ne peut participer à son œuvre ».
Mais cette deuxième proposition n'est pas contenue dans la première.
Et pire encore pour sa méthode : elle est explicitement contredite par la doctrine catholique qu'il prétend défendre.
10. Une autre faiblesse : son article se présente comme une démonstration « biblique », mais procède par sélection

Il accumule les versets qui vont tous dans le même sens :
Isaïe 53 → Christ souffrant
Jean 3,16 → Christ envoyé
Jean 14,6 → Christ chemin
1 Tm 2,5 → Christ médiateur
Ac 4,12 → Christ sauveur
He 7 → sacerdoce du Christ
He 9 → sacrifice du Christ
1 Jn 2 → victime d'expiation.
Mais il ne fait pas réellement une exégèse intrabiblique exhaustive.
Il ne met pratiquement pas en confrontation ces textes avec :
1 Tm 2,1-5 : prières et intercessions immédiatement avant « un seul médiateur » ;
1 Co 3,9 : « coopérateurs de Dieu » ;
Col 1,24 : participation aux souffrances du Christ ;
Rm 8,17 : souffrir avec lui pour être glorifié avec lui ;
2 Co 5,20 : « nous sommes donc ambassadeurs pour le Christ » ;
Gal 4,19 : Paul qui « enfante » à nouveau le Christ dans les fidèles ;
et surtout le témoignage de Lumen gentium 60-62.
Il ne s'agit donc pas vraiment d'une Bible « laissée parler toute seule ».
C'est une Bible organisée autour d'une thèse préalable.
11. Et cela rejoint un travers que nous avions déjà repéré chez L.E.
Il y a une continuité frappante avec ses autres articles.
Dans sa série sur « l'intolérable Évangile », L.E. affirme que l'Évangile détruit les réflexes humains et oppose la grâce aux logiques humaines. Dans ses articles sur l'Écriture, il insiste sur la nécessité de revenir au texte biblique « nu ».
Le problème est que cette méthode peut devenir :
un verset → une conclusion absolue → les autres données sont reléguées au second plan.
Et lorsqu'une difficulté apparaît, il annonce lui-même qu'il faudra expliquer plus tard les « contradictions entre l'Écriture Sainte et la doctrine catholique ».
C'est assez révélateur.
Parce que le catholicisme n'enseigne précisément pas que l'Écriture serait une collection de propositions isolées à mettre en concurrence avec le Magistère.
L'Écriture, la Tradition et le Magistère forment ensemble l'unique dépôt de la foi.
12. Verdict
L'article peut se résumer ainsi :
- Affirmation de L.E.
- Évaluation
Jésus est l'unique Rédempteur
Exact
Jésus est l'unique Médiateur fondamental du salut
Exact
Le salut vient entièrement de la grâce du Christ
Exact
Marie ne peut pas être une seconde rédemptrice indépendante
Exact
Marie ne peut pas concurrencer le Christ
Exact
Donc toute coopération de Marie à l'œuvre rédemptrice est incompatible avec 1 Tm 2,5
Faux
« Un seul Médiateur » exclut toute médiation subordonnée
Faux
La coopération mariale compromet l'unique médiation du Christ
Contraire à Lumen gentium 60-62
« Pas de plan B » réfute la corédemption
Faux dilemme
Le Magistère catholique oppose médiation du Christ et coopération de Marie
Faux
Et il y a une phrase qui suffit presque à faire tomber toute sa construction :
« L'unique médiation du Rédempteur n'exclut pas, mais elle suscite au contraire chez les créatures une coopération variée qui provient de l'unique source. »
Ce n'est pas un théologien « pro-Marie » qui l'affirme.
C'est Vatican II, Lumen gentium 62.
Et Léon XIV vient encore de rappeler en 2026 que Marie a « coopéré d'une manière tout à fait spéciale à l'œuvre du Sauveur ».
Donc, paradoxalement, L.E. ne détruit pas la théologie de la coopération mariale : il détruit seulement une caricature de celle-ci.
Et c'est probablement encore plus intéressant que ses précédents articles, parce qu'ici son propre principe méthodologique — « laisser la Bible parler » — se retourne contre lui :
la Bible affirme l'unique médiation du Christ, mais elle ne transforme nullement cette unicité en exclusion de toute coopération créée.
La fin de nos illusions : un seul Dieu, un seul …

apvs

Marie est la Corédemptrice du genre humain, selon le pape saint Pie X – Gloria.tv Marie est la Corédemptrice du genre humain, …

apvs

Saint Pie X
Décret de la Sacrée Congrégation des Rites (22 juin 1913)
« Marie, la très sainte Vierge, fut associée au Rédempteur dans l’œuvre de la rédemption du genre humain, Corédemptrice du genre humain, et notre très miséricordieuse Médiatrice. »
Benoît XV
Lettre apostolique Inter Sodalicia (22 mars 1918)
« Elle souffrit et faillit mourir avec son Fils souffrant et mourant ; elle abdiqua ses droits maternels sur son Fils pour le salut des hommes, et pour apaiser la justice divine, autant qu’il dépendait d’elle, elle immola son Fils, de sorte qu’on peut dire à juste titre qu’elle a racheté le genre humain avec le Christ. »
Pie XI
Discours à une délégation de pèlerins de Vicenza (30 novembre 1933)
« Le Rédempteur ne pouvait pas, de façon convenable, ne pas associer sa Mère à son œuvre. Pour cette raison, nous l’invoquons sous le titre de Corédemptrice. »
Saint Irénée de Lyon (IIᵉ siècle)

« De même qu’Ève, séduite par la parole de l’ange, se détourna de Dieu et se rendit cause de mort pour elle-même et pour tout le genre humain, de même Marie, ayant reçu l’annonce de l’ange, reçut Dieu en elle, et se rendit cause de salut pour elle-même et pour tout le genre humain. »
— Adversus Hæreses, III, 22, 4
Saint Éphrem le Syrien (IVᵉ siècle)
« Par toi, Marie, le genre humain a été racheté ; toi, avec le Christ, tu nous as rachetés. »
— Carmina Nisibena, 27, 8
Saint Bernard de Clairvaux (XIIᵉ siècle)
« Certes, il est juste de dire que Marie a coopéré au salut du monde plus que tous les saints ensemble. » — Sermon sur le dimanche dans l’Octave de l’Assomption, n° 14
Saint Bonaventure (XIIIᵉ siècle)
« La Bienheureuse Vierge a été associée à la Passion de son Fils par compassion et par participation, de sorte qu’avec Lui elle a opéré la rédemption du genre humain. » — Speculum B. Virginis Mariae, cap. VIII
Saint Bernardin de Sienne (XVᵉ siècle)
« De la même manière que le Christ, par sa mort, fut Rédempteur du monde, ainsi la Bienheureuse Vierge fut Corédemptrice ; car, dans le même acte, elle a offert son Fils au Père éternel pour le salut du monde. » — Sermo X de Festis B.V.M.
Saint Laurent de Brindes (Docteur de l’Église, XVIᵉ–XVIIᵉ s.)
« Marie a mérité d’être appelée Corédemptrice du genre humain, car, comme le Christ, elle a coopéré à notre salut par sa charité et sa souffrance. » — Mariale sive de laudibus Virginis Mariae, Part. II, Serm. 1
Saint Alphonse de Liguori (XVIIIᵉ siècle, Docteur de l’Église)
« Comme Marie a coopéré à notre salut en offrant son Fils à la mort pour nous, et en consentant à sa Passion, elle mérite à juste titre le titre de Corédemptrice. » — Les Gloires de Marie, IIᵉ partie, chap. 5, §1
Sainte Thérèse de Lisieux (XIXᵉ siècle)
« Elle est plus Mère que Reine, car elle a souffert avec Jésus au Calvaire pour notre salut. » — Derniers entretiens, 25 mars 1897
"Le zèle des âmes avait commencé à dévorer son cœur, quand, dans son adolescence, l'image de la main sanglante de Jésus crucifié lui avait révélé sa vocation de co-rédemptrice avec le Sauveur" Thérèse de Lisieux, Conseils et souvenirs recueillis par Sœur Geneviève.